


Quatre importantes innovations ont marqué le FESTÉKPÉ 2011 qui s'est déroulé les 9, 10 et 11 décembre à Sokodé. Il s'agit de la participation effective d'une dizaine de jeunes allemands de l'association bavaroise Buntkicktgut au Tournoi de l'Amitié Germano Togolaise, de l'inauguration d'une course hippique traditionnelle, des représentations théâtrales du groupe « Défi de l’heure » venu de Lomé, et bien sûr de l'annonce de quatre projets communautaires allant de la salubrité publique au civisme, en passant par la scolarité. Tous ces projets impliquent les populations de toute la zone Tém et au-delà.
Côté FESTIVAL, le signe qui ne trompe pas est sans doute la présence massive du public. Cette fois encore, on a compté des milliers et des milliers de femmes, d’hommes, de jeunes et même d’enfants, parfois venus à pieds de lointaines contrées pour vivre la fête sur le terrain de l’École Primaire Publique de Komah1.
Et cette quatrième édition a vu le sacre de Saibou Nyntché SEISEI, de Bowounda et son groupe Essovalè. Enfin ! Se sont exclamés certains témoins…Il aurait pu l'emporter à l'applaudimètre, tant la prestation était féérique que le public en redemandait, tant le public l’ovationnait chaque fois que le timbre de sa voix déchirait le ciel bleu de la ville de Sokodé, métropole du terroir TÉM, tant la tenue qu'il arborait, en parfaite harmonie avec son chœur dénotait du sérieux et du travail qu'il a accompli durant toute l'année. Et comme pour dire que l’accoutrement seul, si attrayant soit-il, ne suffisait pas pour rivaliser avec des concurrents tout aussi huppés et déterminés, il avait travaillé sa voix et réglé sa tenue sur scène. Son chœur aussi. Il s’était présenté plus concentré et plus rigoureux envers lui-même et envers chaque élément de son groupe que lors de ses trois dernières participations. Cette fois, il n’avait négligé aucun détail. Il, c’est bien sûr et encore Saibou, le leader du groupe Essovalè de Bowounda, champion 2011.
Ainsi, à l'annonce des résultats par le président du jury, le Dr Mama Fousséni, le public en délire se déchaîna pour envahir l’arène du festival. Des cris de joie et des applaudissements saluèrent la nouvelle étoile nationale du Kétékpé, une étoile qui était à sa quatrième participation. Blanchi de poudre de talk, signe de victoire et d’allégresse en pays TEM à la place des confettis des temps modernes, ses fans le portèrent en triomphe. Sa victoire, bien méritée, n'est que le fruit du travail, celui du meneur et celui de tout le groupe. Et cette victoire illustre également la maturité du FESTIVAL. Au fil des éditions celui-ci ne cesse de rayonner au-delà de la région et du pays. Le FESTIVAL est devenu une institution, un évènement attendu par le public toute l’année et célébrée comme tel. Et le Groupe qui remporte le trophée braque les projecteurs de l’actualité sur son lieu de résidence ou son village d’origine. Ce groupe devient convoité et voit ses sollicitations pour diverses prestations au Togo et hors du pays se multiplier. À travers ce succès, le groupe Essovalè, a donné encore plus de visibilité au village de Bowounda, niché dans les confins de la rivière Nà et entouré de collines et de montagnes d’où son nom qui signifie littéralement « au fond du trou ». L’accueil des habitants du village au retour de leurs champions, le lundi 12 décembre à été à la mesure de l’événement et de la fierté qu’ils y puisent.
Déjà la logistique était lourde et coûteuse à mettre en place pour organiser un FESTIVAL avec 12 ou 14 groupes compétiteurs du rythme Kétékpé en plus des 10 groupes se produisant en hors compétition. Mais cette année, Togo Culture Plus, a enregistré 21 groupes de Kétékpé, dont quatre venus de la zone Tém enclavée (Djarakpanga, derrière les montagnes de Boulowou dans la préfecture de Sotouboua). Cette augmentation du nombre des participants dénote de l’intérêt grandissant dont jouit le FESTIVAL auprès des populations et de l’éveil des consciences de celles-ci, qu’elles soient urbaines ou rurales, en ce qui concerne la revalorisation, la conservation et la promotion du patrimoine culturel Tém.
Il y a quelques années, la culture Tém, notamment certains rites disparaissaient. Des groupes de musique traditionnelle Simpa, Goumbé, Kétékpé… se raréfiaient, confrontés à l’envahissement de la musique moderne et à une mauvaise interprétation de l’Islam… par certains prédicateurs qui étaient parvenus à convaincre les croyants que culture traditionnelle et pratique religieuse sont incompatibles. Le lancement du Festival en 2008, a sonné l’éveil et la libération des consciences. Aujourd’hui, les populations se sont réappropriées leurs traditions et les exhibent avec fierté, sans complexe quel qu’il soit. D’où la naissance de nouveaux groupes, la redynamisation de ceux qui agonisaient, le tout dans l’objectif de participer au FESTEKPE qui est devenu une vitrine incontournable de reconnaissance et de la culture de l’excellence artistique. Du coup, le FESTIVAL est victime de son succès et doit inventer d’autres moyens de pré-sélection à la fois pour limiter le nombre de concurrents, privilégier la qualité et réduire les coûts vu que les sponsors et l’État togolais hésitent à soutenir le projet.
Cette année, la compétition au rythme Kétékpé a rassemblé (20) groupes -voir la liste en annexe – Il y avait à côté 10 groupes hors compétition d’autres variétés de rythme et danse. Ainsi, outre le rythme envoûtant du Kétékpé, le public a eu droit à des intermèdes de prestations paranormales telles que les invulnérables du tranchant des couteaux, les mangeurs de feu, les légendaires acrobates du Goumbé venus de Gandè dans la préfecture d’Assoli et bien d’autres mémorables numéros.
Et puis il y avait le champion de l’édition 2010, Irou Mila Rachid et son groupe. Adopté par le public, toutes ses apparitions étaient accueillies avec une véritable effervescence, un délire pour ne pas dire une extase.
Suspense et beauté ont encore plané sur le Festival. Chaque groupe participant s’est montré créatif, afin de défendre les couleurs de son canton, de son village ou de son quartier. Ce qui a donné des prestations enivrantes et attrayantes. Cette beauté du spectacle et ce suspense donc qu’elles imposaient ont amené une partie du très nombreux public à ne se plaindre, ni de la fraîcheur inhabituelle propre aux nuits d’harmattan, ni de la chaleur diurne ambiante de plus de 28°. Pour rien au monde, personne n’a voulu rater les moindres détails du Festival.
Et, les artistes, les populations venues de tout l'espace Tém (Assoli, Tchaoudjo, Kri-Kri, Fazao, Bolohou, Djarakpagan...) voire du Ghana et du Benin voisins, les chefs traditionnels et les autorités politiques nationales, régionales et locales, des mélomanes arrivés des quatre coins du Togo ainsi que des touristes se sont laissés cette année encore, agréablement surprendre par l'esprit d'imagination, la densité des thèmes développés dans les compositions, le tout dans un élan de savoir -faire des artistes dont les voix suaves et ensorcelantes, mélangées au son des percussions rythmaient les pas savamment cadencés, de leurs compétiteurs danseurs.
Comme à l’ouverture, la clôture de ce rendez-vous a été marquée par des allocutions de différentes personnalités dont celle du Préfet de Tchaoudjo M. Tchémi Tchambi, le Régent du Trône la chefferie traditionnelle de Bafilo M IRATEI, le représentant du trône de la chefferie supérieure de Tchaoudjo, M. Mamadou Ghana, le Directeur Régional de la Culture, représentant son Ministre de tutelle, M Dakevi Agbessi ainsi que M. Bassirou Ayéva, Coordinateur Général de Togo Culture Plus. Tous ont salué l’idée du Festival qui au fil des ans ne cesse de grandir.
Dans son mot lu par M. Ali Tchassanti dit Tostao, Mme Ilse Fliege, consul honoraire du Togo à Hambourg, Schleswig-Holstein et Brême, marraine du FESTIVAL, a redit son engagement à soutenir ce projet culturel qui participe au rayonnement et au développement du Togo. Le FESTÉKPÉ 2011 s’est, comme vous le verrez à travers notre reportage photos et vidéos, achevé en beauté. Le compte à rebours a donc commencé pour la 5 ème édition. Cinq ans déjà ! Diriez- vous. Oui, cinq ans comme si c’était hier. Le FESTIVAL soufflera les 7, 8 et 9 décembre 2012, ses cinq bougies. Moment festif certes, mais aussi moment de tirer un premier bilan sur l’impact réel du FESTIVAL sur la promotion du patrimoine culturel Tém et sur le processus de lutte contre la pauvreté comme l’indique depuis son lancement, son thème : « La culture comme élément idenditaire et facteur d’intégration et de développement ».
Le rendez-vous est donc pris pour la cinquième édition les 7, 8 et 9 décembre 2012. Mais déjà, Togo Culture Plus, par la voix de MM. Mohamed TAL, présentateur vedette à Radio Tchaoudjo, Bodé Tchakoua et Mohamed Tchakala, respectivement Coordinateur National et Président du Comité Technique Local du Festival ont, au nom de TOGO CULTURE PLUS, remercié principalement Togocel et Plan Togo, la Brasserie du Benin et tous ceux qui à travers leurs soutiens multiformes ont transformé ce rêve en une réalité qu’ils perpétuent. Ils souhaitent que ces acteurs en fassent davantage et que de nouvelles bonnes volontés viennent renforcer leurs actions.
En marge du Festival, Togo Culture Plus en collaboration avec d’autres associations ou ONG de la région, se propose de créer tous les ans un prix récompensant une femme, un homme, une association ou une initiative ayant par son travail bénévole amélioré le sort des populations. Pour un début, il a choisi les domaines de la salubrité, de la scolarité, du civisme, de la bravoure et celui du meilleur chauffeur tant sur le respect des règles de la profession que du traitement des passagers.
SALUBRITÉ : Il s’agit d’encourager, de stimuler les habitants des différents quartiers à nettoyer leur cadre de vie et son environnement, à rendre leurs quartiers non seulement vivables mais aussi attractifs : propreté, place de jeu, jardin… Une compétition « quartier propre» opposera tous les quartiers de la commune, des cantons ou des villages de Bafilo, de Sokodé, de Fazao, de Kri-Kri…Tchamba… Un trophée récompensera tous les trimestres le quartier le plus propre. Puis, celui qui aurait remporté le plus grand nombre trophées au cours de l’année recevra un prix lors de la finale du Festival.
SCOLARITÉ : Un trophée de l’excellence sera attribué mensuellement à l’école primaire, au CEG ou au Lycée dont la qualité de l’enseignement, la qualité de l’environnement et de l’encadrement auront été établies.
À la fin de l’année, l’établissement qui aurait remporté le plus grand nombre de trophées se verra couronner à la finale du FESTIVAL.
CIVISME & BRAVOURE : Chez-nous, il y a toute sorte de calamité, d’accidents domestiques, de la route … Certes, la solidarité africaine est reconnue. Toutefois, tout acte de courage pour venir en aide à une personne en danger : accident, incendie… de la part d’un individu peut être célébré à sa juste valeur. Cela encouragera bien d’autres volontaires à porter assistance à des personnes en danger. Là aussi, la personne qui se ferait remarquer, c’est-à-dire la personne qui aurait risqué sa vie pour aller au secours d’une autre recevra un acte de reconnaissance de l’ensemble de la communauté…
LE TRANSPORT (COUPE DU MEILLEUR CHAUFFEUR) : La communauté TÉM a été depuis toujours assimilée à tort ou à raison à une entité dont le principal métier est la conduite ou celui de chauffeur. Cela est peut-être vrai, vu le nombre de Tém qui ont embrassé la carrière de transporteur, de père en fils pour ne pas dire de grand père, père et fils… Il s’agit par l’instauration d’un trophée du transporteur du mois, de récompenser le chauffeur qui respecte la réglementation en vigueur en matière du transport routier, qui se montre sympathique devant ses passagers, qui ne surcharge pas et respecte la limitation de vitesse.
Comme les autres récipiendaires, le chauffeur qui serait illustré au cours de l’année en remportant le plus grand nombre de fois le trophée mensuel, recevra la coupe annuelle au cours de la finale du FESTIVAL.
De tels projets ne peuvent se réaliser qu’avec la contribution de tous les acteurs de la vie politique, associative, traditionnelle, académiques des diverses localités ciblées pour être leur théâtre. Voilà pourquoi, en marge du FESTIVAL, le Coordinateur Général de Togo Culture Plus a effectué une tournée d’explication auprès des préfets, des maires et des chefs traditionnels d’Assoli, Tchamba et Tchaoudjo. De tels projets nécessitent une minutieuse organisation. Une équipe pluridisciplinaire a été mise en place pour étudier la faisabilité et les modalités du démarrage de ces projets.
10 Allemands avaient fait le déplacement du Togo pour participer à un tournoi de football dans le cadre du Festival National de Musique et Danse Traditionnelles Tém –FESTEKPE- les 9, 10 et 11 Décembre 2011 à Sokodé au centre du Togo. Ils étaient conduits par Rüdiger Heid, Ute Albrecht-Mayr et Sven Schröder, responsables de l'association Buntkicktgut de Munich et ont séjourné au Togo du 3 au 13 décembre2011.
Le Tournoi de football de l’amitié germano togolaise, comme son nom l’indique n’est pas un tournoi dans le sens classique du terme ; disons qu’il ne s’agissait pas d’opposer les jeunes Allemands aux jeunes Togolais, mais de créer un brassage entre les jeunes en composant des équipes mixtes à partir des demi-finales, chaque formation étant donc composée de jeunes Allemands et de jeunes locaux. Ce qui a été bien apprécié non pas seulement par les deux parties organisatrices à savoir Togo Culture Plus et Buntkicktgut, mais aussi par le public qui était également très nombreux dans tous les quartiers où se sont disputés les rencontres.
Les huit (8) équipes ayant pris part à ce tournoi joué sur les terrains de l’ Epp Komah1 et celui du C E G Kolounde étaient composées essentiellement des Clubs de la commune de sokode : Il y avait : Le Tonnerre de Tchawanda, Ouragan d'Akamadè, Redoutable de tchawanda, et Mystère de Kpangalam pour le distric N°1. qui ont joué à Komah.
Kpenkpenwa de Kpandidjo, Promo Star de Kouloundè, CFTAC de Didaure, Mini Guerriers de Koulondè pour le district ¨N°2 qui ont joué à Koulounde .il faut préciser que compte tenu du temps trop serré, les Clubs des deux districts ( 3 et 4 ) de la préfecture étaient exemptes des préliminaires.
Ainsi, pour les demies-finales qui se sont déroulées le samedi 10 Décembre au stade municipal de sokode , on a assisté à un affrontement entre les sélections des districts 3 et 4 d’une part et les vainqueurs des districts 1 et 2 qui n’étaient autres que le Tonnere de Tchawanda et CFTAC de Didaure.
La finale a été disputée au stade municipal de Sokodé en présence d’une foule nombreuse le dimanche 11 Décembre entre le tonnerre de Tchawanda du district No1 et la sélection du district N0 4 et c’est le Tonnerre de tchawanda qui l’a emporté sur un score étriqué de 2-1
. Des tricots, des ballons de foot et bien évidemment des coupes ont été offertes aux participants et aux vainqueurs. Et les jeunes Allemands dont c'était le premier voyage en terre africaine et les jeunes Togolais avec lesquels ils ont parlé le langage universel du football se sont montrés satisfaits de ces moments de fraternisation par le sport.
Quand on connaît l’engouement des populations locales pour le football, on ne peut que saluer cette nouvelle attraction dans le programme du Festival, qu'est le football avec cette idée originale de tournoi, un évènement conjointement animé par les responsables allemands et le duo Ali Tchassanti – Kofia Bangna , du côté de togo-Culture plus .
D’ailleurs l’occasion de cette visite a permis à Togo Culture Plus d’organiser un atelier de tissage traditionnel à Kpassouwadè, village réputé pour la qualité de ses tisserands, l’un des berceaux du tissage des pagnes traditionnels Tém. Là, les jeunes allemands et leurs accompagnants ont suivi l’expression artistique des maîtres tisserands, admiré les morceaux de tissus conçus sur place, avant d’avoir droit à une séance d’initiation au métier de tissage. Ce que la délégation a fortement apprécié et qu’elle emporte également comme souvenir après ce séjour au Togo, surtout que cette visite a été organisée dans la plus pure tradition Tém imbue d’hospitalité authentiquement chaleureuse. Il faut aussi préciser la visite de cette délégation à l’orphélina solingobou situé à tchawanda ou plusieurs enfants sont accueilli afin de profiter des soins et d’un meilleur encadrement la délégation a profifé de son passage pour remettre des jouets et quelques petits cadeaux aux enfants
Dans le pays TÉM et au Togo, Sokodé, chef lieu de la préfecture de Tchaoudjo peut être considéré comme la capitale du cheval. Cette pésence équestre est liée à la glorieuse histoire des Roi Téms… où le cheval jouait une triple fonctions à savoir de transport, de prestige ou de combat. Et quand on y ajoute les écuries de villes ou villages environnants, on a de quoi organiser une vrai course hippique même de style traditionnel, comme on le fait au Burkina, au Niger, au Mali…, rien que pour valoriser ce patrimoine animalier.
C’est quoirquoi, cette année, un groupe de Togolais s’est engagé à apporter un plus au Festival, en organisant une course peu avant la finale du tournoi de football. Au total, quinze ( 15 ) chevaux venus de Tchamba et de Sokodé y ont pris part. Aux nom évocateurs: PRINCE, RAPIDE, KPALINDALA, STAR, JUNIOR, ZIDANE, SOUBOU, DANDA, BILEYA, TANTANBARA, SOUROUBYA,BENAÏS, IRAM, DAGNIWE, CONGORO ils ont démontré que l’idée des initiateurs de cette course, à savoir instituer une course traditionnelle mensuelle de chevaux peut être realisée, sans trop de tracasseries techniques.
Cette competition d’exhibition a connu une phase de préliminaires de cinq (5) courses de cinq (5) chevaux. Puis d’une finale des cinq ( 5) premiers. Ces courses mensuelles qui débuteront très prochainement seront organisées de manières traditionnelles, sous forme de paris sportifs dotés de mises et de prix.
Ainsi chaque année, les champions s’affronteront dans un Grand Prix au cours du FESTIVAL. Les gallops, les foulées, la dextérité affichés aussi bien par les jokers que par les chevaux eux-même lors de la course du 11 décembre dernier augure de la certaine attractivité qu’offriront ces rendez-vous de sport hippique.
1er: STAR 2ème: PRINCE 3è: RAPIDE
Pari risqué, mais pari gagné. Pari risqué car jusque-là les organisateurs du Festival n’avaient jamais programmé le théâtre. Pari risqué également parce que la troupe invitée « Défi de l’heure » ne disait pas grand-chose, sinon rien aux rares amoureux du théâtre dans le septentrion. Enfin, pari gagné parce que la prestation de la douzaine d’actrices et d’acteurs de la troupe a convaincu et conquis le public qui n'a cessé soit de rire ou d'applaudir à chacune de leur montée sur scène pour agrémenter les intermèdes.
Trois critères indiscutables ont concourut au succès de la jeune troupe de théâtre. Il y a d'abord le choix des thèmes, tous tirés du milieu et du vécu des spectateurs à savoir la place de la jeune fille dans la société Tém, l'exode de la jeune fille, les rivalités amoureuses, l'infidélité, les maladies sexuellement transmissibles telles que le SIDA ... Il y a ensuite incontestablement le choix des langues d'expression, le Tém pour toucher le plus grand nombre de personnes et le français. Les acteurs et les actrices jouaient et s’exprimaient dans dans un Tém propre, sans ou avec accent selon le contexte. Une communication directe avec le public. Il y a enfin le talent et le naturel exprimés par les actrices et les acteurs. Des jeunes gens qui ne demandent que pareille tribune pour éclore d'avantage, faire connaître la troupe et faire reconnaître leur talent et se frayer une place dans le paysage théâtral togolais, pour ne pas dire continental.
En donnant l'occasion à "Défi de l'heure" de se produire pendant le FESTIVAL, devant des milliers de spectateurs, Togo Culture Plus dont le Coordinateur Général, M. Bassirou Ayéva et le Représentant national, M Bodé Tchakoura ainsi qu'une délégation avaient pris soin de visiter la troupe en répétition, tenait à traduire dans les actes un de ses objectifs, à savoir : promouvoir la culture togolaise dans toute sa diversité et sous toutes les formes possibles d’une part, permettre au public de l'intérieur du pays de découvrir certains talents de la capitale d’autre part et vice versa. Ce qui suscitera des vocations au niveau local.
En cela le passage et la prestation de « Défi de l'heure » ont sûrement laissé des traces positives et fait des émules. Ainsi avons-nous entendu certains jeunes spectateurs dire qu'ils peuvent eux-aussi monter des troupes et faire du théâtre en Tém ou en langue du terroir? Puissent des jeunes de la région, ces jeunes frappés par le chômage et le pessimisme s’inspirer de cette initiative culturelle de « Défi de l’heure » comme de tant d’autres troupes dans le pays. Quand on sait que ce groupe est composé de jeunes étudiants, d’apprentis, de chômeurs et de travailleurs, on comprend qu’au-delà des revenus financiers que leurs prestations pourraient leur procurer, il peut aussi constituer un cadre de réflexion de référence pour combattre les doutes et les incertitudes qui embrasent le quotidien des jeunes Togolais tiraillés entre le fatalisme et le manque de perspective.
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