ORIGINE ET CARACTÉRISTIQUES DE KÉTÉKPÉ
KÉTÉKPÉ est comme vous vous en êtes aperçus, le nom d'un rythme, d'une danse très en vogue en pays Tem. En donnant son nom au Festival, TOGO KULTUR PLUS eV a simplement voulu en faire un symbole. Celui de l'ensemble des diversités musicales dont regorge ce terroir. Avant de nous étendre sur l'origine et les caractéristiques de cette musique, nous vous donnons pèle - mêle les noms des genres musicaux tout aussi populaires, les uns plus entraînants que les autres et que les festivaliers découvriront et savoureront certainement. Entre autres rythmes, le pays Tem compte : Lawa, foïssi, Simpa/Kpassa (une variété), Goumbé, Kagbang’na, Djouka, Gorogoro/Baragou, Takaï, Soo, Tôra, Gbalèyo, Kosso, Dikpindidama, Gobi , Salga. Parmi toute cette diversité de danses, les festivaliers pourront savourer six (7) d’entre elles qui se produiront en intermède pendant les compétitions de KÉTÉKPÉ (Takaï, Foïssi, Gbalèyo, Kosso, Dikpindidama, Soo Goumbe).
Parmi les rythmes Tems il y a certains qui sont originels c’est-à-dire aussi vieux que la tradition Tem, et d’autres qui sont le résultat du génie créateur de l’homme Tem et c’est le cas du Kétékpé.
Ainsi le Kétékpé est récent par rapport aux autres rythmes et son apparition relève de ce génie du peuple Tem qui a permis de créer un rythme facilement dansable par tous à partir des rythmes préexistants qui utilisent chacun une partie de ses instruments actuels. C'est ainsi que le nom Kétékpé n'a aucun sens sémantique, mais il ressort d'un processus linguistique de formation des noms qui est l'onomatopée et qui consiste à donner un nom à quelque chose par imitation phonétique de la chose nommée c’est-à-dire à partir du son que celui-ci produit. Là encore se trouve la richesse linguistique du Tem qui pourrait faire l’objet de discussion lors du forum scientifique du festival.
Plus précisément la naissance du KÉTÉKPÉ remonte au début du vingtième siècle. Dans les années cinquante il a été pratiqué pour la première fois à Kadambara par le chanteur, feu MOROU AKOUMBE (Paix à son âme) à partir de 3 sons « KÉ » « TÉ » « KPÉ ». émis par des instruments tels que : Akrima, (2) Korokoto ( 2 ) Bezim (1 ) Tamale ( 1 ) Toumbe ( 1 ) Bâtonnet ( 2 ) et (2) calebasses dénommées en langue locale « Yissi », des castagnettes, des flûtes et tout récemment des boîtes vides de conserves,.
Cette musique a été révolutionnée vers la fin des années 60 par SAÏBOU GBANTELE de Katchaladè (un quartier de Koumoniadè) en introduisant d’autres instruments plus percutants tels que Akirima (2), Korokoto (2), Bézim(1) et Tamalé(1).
Lors de l’intronisation du Chef KANTA de Koumondè en 1972, il a émerveillé l’assistance pour sa première prestation sur le terroir tem car lui-même se produisait à Badou (Sud du Togo).
Les autres grandes figures de la musique KETEKPE sont YOUKÉ de Komah, FOUSSENI NOUROUYO de Tchawanda, KASINO de Komah, ALAZA BIMGBABO de Tchawanda, PELE d’Agoulou, SAFIOU NINTCHE de Koumondè, IDRISSOU d’Anié, MEMEM ARGENT d’Ifoulouw, INOUSSA LOUWA de Tchawanda et FATI KOLI de Gandè (une femme).
Actuellement dans chaque localité à forte concentration tem, il y a un praticien de KÉTÉKPÉ. C’est ce qui fait qu’il y a des praticiens de KÉTÉKPÉ en dehors du terroir tem, en l’occurrence, à Badou, Kpalimé, Anié, Atakpamé, au Bénin, au Ghana, Nigeria, au Burkina et même en Occident, etc.
Mais avant les années 50, AZEDJI LOUWA de Koumondè, BODI et GNAMGBAÏ (femme) de Komah (Paix à leurs âmes) pratiquaient le « LAWA » dont dérive le KÉTÉKPÉ. En effet, le Lawa a un rythme un peu plus rapide que le KÉTÉKPÉ.
Lors des prestations, un costume spécial est exigé de nos jours pour les musiciens mais pas pour les danseurs. Il s’agit le plus souvent d’un uniforme.
Les critères d’appréciation de ce genre musical sont le message, l’harmonie, le costume, la voix et le texte.
D’une manière générale, la musique KÉTÉKPÉ est caractérisée par les éléments suivants : C’est une danse de réjouissance pratiquée par des jeunes garçons et filles. Les messages véhiculés lors de la prestation de cette musique, sont ceux d’amour, de conseils, de gaieté et surtout de leçons de la vie quotidienne, des leçons de moral.
Elle se pratiqué à l’occasion des fêtes traditionnelles, les fêtes de Ramadan et de Tabaski, les mariages, l’intronisation de chefs, l’accueil d’un invité de marque et rarement dans les funérailles.